Prologue

Premier extrait du roman Au Bord du Néant, Volume 1 de la série L’Équipage du Valkyr.

L’espace autour de l’Astérion, ce vaisseau cargo à fort tonnage, habituellement calme et infini, devint soudain le théâtre d’une attaque impitoyable. Des éclairs d’énergie jaillirent de toutes parts, transperçant la coque du cargo comme une pluie de lames brûlantes. Les boucliers de l’Astérion, censés être inviolables, vibrèrent sous les premiers impacts, puis se désintégrèrent brutalement, réduits à des éclats de lumière scintillante, dévorés par une technologie inconnue.

À l’intérieur, l’équipage, pris de court, tentait désespérément de rétablir les défenses. Les sirènes d’alerte hurlaient dans les couloirs, noyant les cris d’ordres confus lancés à travers le vaisseau. Des étincelles jaillissaient des consoles en surcharge, crépitant comme des feux sauvages, tandis que les systèmes de bord luttaient pour conserver le contrôle.

Secteurs trois et quatre hors service ! cria une voix paniquée à travers les haut-parleurs, tandis qu’un ingénieur tentait frénétiquement de rétablir un semblant d’ordre. Mais il était déjà trop tard. Les générateurs principaux avaient explosé sous la violence de l’assaut, déversant une onde de choc à travers le vaisseau. L’onde fit trembler chaque compartiment, brisant les équipements comme des jouets de verre. Des tuyaux craquèrent, libérant des nuées de vapeur brûlante qui transformèrent les couloirs en fournaises infernales.

Les tirs ennemis étaient méthodiques, précis. Ils visaient les points vitaux du vaisseau avec une exactitude chirurgicale, désactivant les systèmes de survie un à un, comme si l’assaillant connaissait chaque centimètre de l’Astérion. Une succession d’explosions retentit dans la salle des machines. Un mécanicien hurla en tentant de contenir un incendie qui se propageait trop vite. Le feu dansait dans ses yeux terrifiés avant qu’un nouveau tir ne réduise la salle en cendres.

Sur la passerelle de commandement, le capitaine de l’Astérion, le visage marqué par l’épuisement, observait la destruction de son vaisseau sur les écrans fissurés. Il n’y avait plus d’options. Ses mains, crispées autour des accoudoirs de son fauteuil, tremblaient légèrement.

Activez la balise de détresse, maintenant ! ordonna-t-il, sa voix rauque déformée par les interférences. Ses officiers hésitèrent un instant, paralysés par le spectacle de leur propre anéantissement.

Dans un dernier élan de désespoir, un officier activa la balise. Le signal, un cri muet dans l’immensité de l’espace, s’échappa du vaisseau, se répétant avec une obstination désespérée, cherchant une oreille qui écouterait. Mais nul ne pouvait savoir s’il serait entendu.

Les tirs cessèrent soudainement, laissant place à un silence lourd. Le bruit des systèmes endommagés et des alarmes résonnait encore dans le vaisseau, mais au-dehors, tout semblait figé. Les assaillants s’étaient approchés sans un bruit, leurs vaisseaux se fondant dans les ténèbres. Leurs intentions n’étaient plus seulement destructrices : ils voulaient quelque chose.

À l’intérieur de l’Astérion, la tension était palpable.

Ils sont là ... souffla l’officier en charge des détecteurs, ses doigts tremblants sur les commandes.

Préparez-vous à repousser l’assaut ! ordonna le capitaine. Pourtant, il savait que cela ne suffirait pas. Le vaisseau avait déjà subi trop de dégâts. Des étincelles jaillissaient des consoles, et l’air devenait difficile à respirer dans certains secteurs où les systèmes de survie étaient en train de faillir. Pourtant, un mince espoir subsistait : les intrus ne devaient pas obtenir ce qu’ils étaient venus chercher.

Le silence revint, froid et oppressant. La dernière explosion s’éteignit, ne laissant derrière elle qu’un écho dans le néant, annonçant le départ des assaillants et abandonnant l’équipage à un sort inéluctable.

La balise clignotait toujours, obstinée, son signal solitaire se frayant un chemin à travers le vide.

L’Astérion n’était plus qu’une épave dérivante, un souvenir flottant dans les ténèbres.